Chapitre 8 (pages 77-79)
Que dire du bonheur? Rien. Ca emmerde le monde. Le bonheur des uns fait le malheur des autres. (...) Et puis je ne vais pas vous raconter mon sourire niais? Ca ne se raconte pas un sourire, surtout niais!
(...) Vous voyez, je tombe très vite dans les mauvais clichés.
Joue contre joue, yeux dans les yeux, main dans la main... Ce qu'on est con quand on aime! Ce qu'on est niaiseux, mielleux, fleur bleue, inactif, improductif, égoïste, aveugle et sourd! Je promène ma tête d'autiste heureuse dans les rues de Paris, sans me préoccuper le moins du monde d'effrayer ou non mon entourage qui n'existe plus, ou les passants que je ne vois même pas.
(...) l'obsucité radieuse qui règne dans ma chambre quand je dors dans ses bras... le fièvre qui nous anime, nos discussions exaltées et nos inlassables étreintes... le désir qui renaît aussitôt satisfait... l'oubli total de ce monde insignifiant... juste lui... juste moi... nos membres confondus... nos rires accordés... Et on se roule par terre dans la cascade de plumes virginales d'un oreiller crevé par nos excès... je me dérobe par jeu... puis m'abandonne et retombe sur le dos... mes jambes nues en l'air...
Après la jouissance, l'entente... et noyer mon regard dans ses yeux limpides... et offrir mon cou à ses lèvres avides... allumer une cigarette qu'on fume à deux... ne plus rien désirer... ne plus rien redouter
(...) et la force tranquille de son corps étendu dont le seul contact me brûle la peau et l'âme... non, je n'ai peur de rien quand je suis dans ses bras... de rien... je fais de mon souffle l'écho des battements de son coeur, de mon corps le reflet de son corps, de sa jambe qui m'entoure une chaîne indéfectible...
Lolita PILLE
Hell